Le Maroc entre dans une nouvelle phase pour la mobilité électrique légère. Après l'intégration des trottinettes et vélos à assistance électrique dans le Code de la route via le décret n° 2.24.393, le Conseil de gouvernement a adopté le 9 juillet 2026 le projet de décret n° 2.25.145 pour encadrer les règles de circulation : casque, écouteurs, vitesse, âge minimum, hors agglomération et stationnement. Voici ce qui change vraiment, et ce que cela signifie pour choisir entre trottinette, vélo électrique et scooter L1e.
La chronologie en clair
Le sujet peut sembler confus parce qu'il avance en deux textes. Le premier définit les véhicules. Le second fixe les comportements de circulation. C'est cette séquence qui compte.
L'avant-projet met sur la table les définitions : véhicule de mobilité personnelle, vélo à assistance électrique, équipements de visibilité, avertisseur et freinage.
Le décret n° 2.24.393 est adopté pour intégrer les véhicules de déplacement personnel motorisés et les vélos à pédalage assisté dans le cadre marocain des véhicules.
Le projet de décret n° 2.25.145 est adopté pour modifier le décret n° 2.10.420, c'est-à-dire les règles de circulation prévues par le Code de la route.
La rédaction définitive, les modalités d'application et l'entrée en vigueur effective doivent être précisées par publication au Bulletin officiel.
Ce qui change pour les trottinettes électriques
La trottinette électrique entre dans une logique de responsabilité : elle n'est plus un jouet posé entre le trottoir et la chaussée. Elle devient un engin identifié, limité et soumis aux règles essentielles de la route.
La vitesse maximale par construction est supérieure à 6 km/h sans dépasser 25 km/h.
Freinage efficace, éclairage, dispositifs réfléchissants et avertisseur sonore deviennent le socle minimal.
Le port d'écouteurs ou d'un casque audio pendant la conduite est visé, car il réduit la perception des autres usagers.
Un engin de déplacement personnel motorisé est pensé pour une seule personne et sans transport de marchandises.
La circulation hors agglomération doit se faire sur piste ou voie aménagée lorsqu'elle est autorisée.
Un arrêt ou stationnement qui entrave la circulation, notamment dans les espaces réservés, est traité comme gênant.
Le projet précise aussi les mesures à prendre lorsqu'un véhicule tombe en panne ou reste immobilisé sur la chaussée.
Le point important : une trottinette débridée au-delà de 25 km/h sort de l'esprit de ce cadre. Pour aller plus vite légalement et plus confortablement, il faut changer de catégorie, pas bricoler la machine.
Et pour les vélos électriques ?
Le vélo à assistance électrique est traité différemment d'une trottinette : il garde sa logique de vélo, mais son assistance est encadrée. Le point technique central reste simple : l'aide électrique accompagne le pédalage, elle ne transforme pas le vélo en cyclomoteur caché.
- Puissance de référence : moteur auxiliaire jusqu'à 250 W dans les définitions publiées autour du texte.
- Coupure d'assistance : lorsque le cycliste arrête de pédaler ou avant que le véhicule n'atteigne 25 km/h.
- Visibilité : éclairage, réflecteurs et prudence de nuit deviennent non négociables en pratique.
- Enfants : le nouveau projet de décret introduit aussi un encadrement d'âge et de transport des jeunes enfants.
La différence décisive avec un scooter électrique L1e
Une trottinette électrique, un vélo à assistance électrique et un scooter électrique L1e ne répondent pas au même besoin. C'est là que beaucoup de comparaisons deviennent injustes : la trottinette est un outil de dernier kilomètre, le vélo électrique garde l'effort léger, le scooter L1e est un véhicule urbain.
Trottinette
Trajets courts, vitesse 25 km/h, format compact, une seule personne, confort limité.
Vélo électrique
Mobilité active, assistance au pédalage, idéal pour les pistes et les trajets souples.
Scooter L1e
45 km/h, siège, éclairage complet, autonomie supérieure, usage quotidien plus stable.
Pour un conducteur marocain qui veut remplacer une moto thermique légère ou circuler tous les jours entre quartier, bureau, showroom, université ou livraison urbaine, le scooter L1e garde un avantage net : il est conçu pour la chaussée, pas seulement pour quelques kilomètres de liaison.
Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter
La nouvelle réglementation rend le marché plus lisible. Avant d'acheter, ne demandez pas seulement "combien ça roule ?" Demandez plutôt si l'engin est cohérent avec son usage légal.
- Pour une trottinette : vitesse bridée à 25 km/h, freinage sérieux, feux, réflecteurs, avertisseur sonore.
- Pour un vélo électrique : assistance réellement liée au pédalage et coupure progressive avant 25 km/h.
- Pour un scooter L1e : homologation, documents, assurance, équipement, service après-vente et disponibilité des pièces.
- Pour tous : casque, visibilité, batterie saine, chargeur adapté et conduite sans téléphone ni écouteurs.
Notre lecture NovaRide
Ce nouveau cadre ne freine pas la mobilité électrique. Il la rend adulte. Les villes marocaines ont besoin de solutions plus propres, mais aussi plus prévisibles : des engins visibles, bridés quand il le faut, homologués quand ils roulent plus vite, et compréhensibles pour les automobilistes comme pour les piétons.
La bonne question n'est donc pas "trottinette ou scooter ?" C'est : quel niveau de mobilité voulez-vous vraiment ? Pour 2 km entre tram et bureau, la trottinette peut suffire. Pour la vraie ville marocaine, avec chaleur, distances, courses, dénivelés, sac à dos, horaires et circulation dense, le scooter électrique L1e reste le choix le plus stable.
Sources consultées
Cet article synthétise les informations disponibles au 24 juillet 2026. Il sera à mettre à jour après publication définitive du texte au Bulletin officiel.
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